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recherche 2011
De la peau au portrait :
En peignant la série Corps là je n’ai pu éviter le travail du visage. La peinture de celui-ci est plus que la tessiture de sa peau car il pose plus précisément la question de la ressemblance.
Le travail n’est plus de peindre une peau et de créer une enveloppe sur un corps.
Il y a comme une inversion : la recherche de la ressemblance crée la peinture.
Des portraits aujourd’hui :
Quand je regarde les portraits classiques de la peinture je me demande comment ces personnes seraient peintes aujourd’hui. Qu’est ce que la peinture, aujourd’hui, peut dire de notre temps et de la pensée d’un peintre sur son propre médium…
Dans la première série de portraits, Clara&Co, 4 jeunes filles sont choisies pour modèle. Elles sont photographiées, je leur demande de poser sans prendre « la pose ». Elles portent leurs vêtements et accessoires quotidiens. Je leur dis d’être là sans regard particulier. Je choisi quelques clichés où j’ai la sensation que la photo « ressemble » à la personne.
La prochaine série, Mathilde, se portera sur un seul modèle. J’espère ainsi entrer complètement dans la peinture en restant concentrer sur une seule personne.
Le travail technique
Les modèles sont photographiés par un professionnel, je m’assure ainsi de la qualité du grain de la photo et de la peau.
Je transforme en croquis les photos des modèles et je les agrandis.
Par couches fines et transparentes, avec un long temps de séchage entre chaque couche, je place les volumes, les lumières. J’essaie de comprendre comment les volumes se prolongent les uns dans les autres. Puis je dois dépasser ce stade que j’appelle « dessin » pour entrer plus profondément dans la peinture.
A ce moment là je dois décider de la pâte (quels pigments, huile, agglutinant et diluant) pour peindre sur ce fond (la toile, l’enduit et les premières couches de peintures qui forme le « dessin »). La peau n’est pas une couleur mais une matière colorée résultant de plusieurs fines couches de matière.
Avec ma technique propre, j’espère faire advenir la ressemblance au portrait, c'est-à-dire de capter et recréer un regard qui vient de l’intérieur de la peinture et de la personne. Toute la toile devient regard.
Il m’est arrivé en voyant un modèle de me dire qu’elle ne se ressemblait pas, que la peinture lui ressemblait plus qu’elle ne se ressemblait elle-même, drôle de sensation… j’avais tellement regardé et essayé de comprendre ce visage, son expression et son regard que la peinture est devenue la réalité et la personne l’image du portrait.
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