à l'avenir
m a r i e l l e   p a q u e t   p e i n t r e


recherche 2013

Pour vous présenter ma recherche en 2013 j'utilise un texte écrit pour le catalogue de l'exposition A Cours Ouverte 5 à Beauquesnes. Il représente bien ce qui m'amène tous les jours à l'atelier!

Qu’est ce que je dépose dans ma peinture pour peindre un portrait de Mathilde?

Le portrait sera la manifestation d’un moment d’existence de Mathilde. Il n’y a pas de pose du modèle, mais une présence et mon désir de fouiller dans la peinture afin de manifester la profonde solitude de l’être en soi, universelle, impersonnelle.
La fouille se fera à l’inverse de l’archéologie. Il s’agira de déposer au fond, une première couche de matière colorée et de la recouvrir tout en la laissant remonter à la surface et ainsi de suite par des couches successives.
Le projet est déterminé, peindre la figure de Mathilde, mais la peinture suit un chemin indéterminé, par ce qu’elle est gestes et événements.

Le peintre est-il animé d’un « cœur conscient »*? Les matières de la peinture ont-elles ce que je nomme un « inconscient des matériaux » ? Qui appelle l’autre ? Ou bien qui désire l’autre ?
Dans ma peinture il y a du Je et il y a du Jeu (au sens de l’espace entre deux pièces) et l’espace du Jeu est travaillé pour plus d’exactitude dans la manifestation du moment donné par Mathilde.

Peindre un portrait est peut-être surtout peindre un regard. Le travail s’organise autour de lui et il devient le centre névralgique de la réflexion picturale. Penser en peinture ce regard qui me regarde et qui veut devenir présence, existence. Peindre un portrait serait-il tout autant un autoportrait ? « Tout peintre se peint soi-même »**. D’abord le peintre crée une technique qui devient complètement personnelle et il cherche avec elle. Je pense avec ma technique, en symbiose. Ma technique devient moi-même, elle représente mon désir et ma pensée. Nous cheminons vers une « vérité », la vérité de la manifestation elle-même. La manifestation de la solitude profonde de nos êtres.

* Titre d’un livre de Bruno Bettelheim
** Réflexion et titre du livre de Jean-Marie Pontévia

 



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